Association Santé sidi el houari

Une école de la citoyenneté

Activités culturelles

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« Gaâdat Ramdane, bin el barah wel youm » 

Le ramadhan est le mois sacré du pardon et de la miséricorde, il est aussi le mois de la bonté, de la clémence, et comme tous les peuples musulmans, les Algériens accueillent à bras ouverts ce mois béni et se préparent pour faire leur devoir en tant que croyants.

Par ailleurs, chaque aire géographique, chaque pays accueille à sa manière ce mois sacré. Les habitudes et traditions diffèrent d’un endroit à un autre et ce, depuis des générations.

Dans cet état d’esprit, et en cette occasion, l’association SDH a organisé une soirée pour aller à la redécouverte des traditions oranaises en ce mois ; le temps d’une soirée: « Gaâdat ramdane, bin el barah wel youm » s’est donnée pour objectif de faire revivre aux citoyens oranais « nesmet ramdane » d’autrefois dans leur ville adorée. Une tentative pour que les jeunes citoyens oranais puissent plonger dans le passé, et redécouvrir les bonnes vieilles coutumes et habitudes de nos mères dans une ambiance ramadanesque chaleureuse.

« El Gaâda » s’est répartie en trois volets distincts, le premier s’est focalisé sur les préparatifs et l’accueil du mois de ramadan dans la ville avant et pendant le jeûne. Pour en parler, nous avons sollicité la présence de personnes âgées du quartier de Sidi El Houari, qui nous ont raconté qu’ils entamaient l’arrivée de ramadane deux mois avant.

Tout devait être propre! Les familles faisaient le grand ménage voire peignaient les murs de leurs maisons, nettoyaient leur linge, après la propreté vient l’approvisionnement, toute une préparation qui nécessite patience et application, tout se faisait à la main couscous, vermicelle, tomates séchées et bien d’autres encore; « on préparait tout à la main, nos produits étaient bio, on n’achetait pas d’aliments industriels», déclarait l’une des femmes. Le second volet s’est penché sur la mise en avant des différences entre hier et aujourd’hui ; la tradition de nos ancêtres a-t-elle changé ? Cette question a suscité un réel débat chez nos invitées et chez le public car en effet, beaucoup de choses ont changé, les relations des uns envers les autres notamment, «Aujourd’hui, on vit dans l’indifférence, on court après le temps on s’oublie, on se perd ». L’une des invitées s’est posé de multiples questions autour de ce sujet, où sont passées nos traditions ? Pourquoi autant de changements ? Où sont passé les liens du sang et el Joora taa bekri (voisinage d’autrefois) ? Qu’en est-il des relations humaines qui existaient autrefois ? Parmi les réponses apportées, des personnes du public ont noté que  enniya ma bqatche, que les gens ont changé et qu’ils sont devenus matérialistes ennas welate tebbaa edrahem wel maslaha.

Entre les interventions des invités, mise en avant de la tradition orale qu’avaient pour habitude nos mères d’échanger et de réciter sous les différentes formes de proverbes, devinettes, boukalate  et contes autour d’une soirée variée pleine d’échanges intergénérationnels, pour une perpétuation de tout ce qui fait notre identité culturelle.

Une ambiance festive rappelant les temps anciens, une soirée reliant passé et présent, avancer tout en gardant ses repères, ses traces et son appartenance culturelle pour qu’il y ait une continuité de nos traditions à travers les générations à venir.

Karima Lakhdari